Atelier Hybride

9 October 2007 at 10:20 pm (First ones, Hybrid Workshop, School of Art)

Atelier : lieu de création.

Hybride : Composé d’éléments de différentes natures.

L’atelier hybride est donc un espace pour la création basée sur la pluridisciplinarité, c’est-à-dire de l’interaction entre les différentes disciplines dans le but de s’approfondir dans un sujet.

En guise d’introduction, chaque étudiant est parti en ville pour suivre un protocole défini par lui-même afin d’observer des phénomènes de la vie courante. Voici ma partie du travail :

En marchant dans la rue je n’ai pu m’empêcher de constater qu’un grand nombre de personnes produisaient du feu. Ce geste de production de feu se fait de manière très mécanique, c’est presque devenu un automatisme. En outre du geste si familier, nous avons celui d’allumer la cigarette. Ces deux gestes m’ont captivé mon attention du fait de leur synesthésie et de leur automatisme qui leur rend paradoxalement « visible et invisible en même temps ».

1) description

2) mise en marche

3) fin de marche

4) synthèse finale

 

Allumette :

 

Deux corps, inertes, stables. L’un a une piste marron foncé, d’apparence lisse. L’allumette, avec une tête qui renferme un concentré d’énergie stockée, prête à être libérée en un court laps de temps. Une main attrape les deux corps, et d’un mouvement sec projette l’allumette vers sa boite. Au contacte, la friction, un apport d’énergie cinétique qui va déstabiliser l’équilibre fragile de la tête de l’allumette. De cette friction sort un son, le son d’une faible déflagration, sort aussi un flash de lumière, dans les tons jaunâtres. Une flamme est née. Le produit de cette violente réaction est une fumée, issue d’une combustion incomplète, à l’odeur caractéristique du bois brûlé. L’allumette se consomme jusqu’à son extinction, qui s’accompagne du refroidissement et de la fumée. Le feu a épuisé un de ses trois piliers, celui du combustible. Reste plus que bois brûlé, fumée, l’odeur de bois brulé et une trace sur la bande marron de la boitte.

 

Briquet :

 

Un corps très répandu dans le monde contemporain. Ce corps se divise en deux parties. La première est un mécanisme avec une molette et une valve contrôlée par un bouton, des fois à la place de la molette on trouve un condensateur qui fournit une décharge électrique. Le but de cette première partie est de fournir de l’énergie au système et de mélanger comburant et combustible à la juste proportion. La seconde partie, consiste en un réservoir étanche contenant du liquide inflammable (le combustible). La mise en marche passe par la mise en mouvement du mécanisme de mise à feu. Cela se fait en fonction du mécanisme, soit en tournant la molette, soit en appuyant un bouton. Une fois le mécanisme lancé, une décharge d’énergie visible à l’œil nu traverse l’air au dessus de la valve, qui est à sont tour activée. Une fois les conditions réunies nous avons une flamme qui se maintient tant que la valve soit ouverte et que la réserve de combustible soit suffisante. La fermeture de la valve coupe automatiquement la flamme. Dans ce dispositif, nous n’avons pas d’odeur particulière, sauf si l’on actionne la valve sans fournir de l’énergie. Cette fois, le dispositif producteur de feu est réglé en sorte que la combustion soit complète, d’où l’absence de fumée, d’odeur et de suie. Après utilisation, nous avons un briquet surchauffé au risque de nous bruler.

 

Cigarette :

 

Cylindre de papier contenant un filtre au bout (avec ou pas du charbon actif) et du tabac, ainsi que plus de 4000 composants chimiques différents. Pour l’utiliser, l’individu doit apporter une source d’énergie calorimétrique : une flamme. La flamme permet de démarrer la combustion du tabac, ainsi que la feuille en papier l’englobant. Pour que cette opération soit faite avec sucés, l’individu doit exercer une force pulmonaire en aspirant de l’air à travers la cigarette. En suite la cigarette est en état de combustion incomplète spontanée. C’est-à-dire qu’elle se consomme toute seule. Les motifs en forme d’anaux sur le papier de la cigarette permettent que cette consommation se fasse plus rapidement. Pour bien utiliser le produit, l’individu doit aspirer une quantité de fumée de tabac, ce qui ravive les braises et produit un bruit de faible intensité semblable à des clapotements, bruit issu des petites déflagrations des morceaux de tabac. Au touché la cigarette est douce, par contre son gout est fortement marqué et facilement reconnaissable. Sa pointe est colorée d’un rouge vif, issu de la stimulation de la matière à des températures approchant les 2000°C. La cigarette se consomme jusqu’au filtre. Une fois le filtre atteint il faut l’écraser en appliquant des forces et en l’étouffant pour la priver de dioxygène (le comburant). Une fois finie, la cigarette se ressemble à rien et l’individu aura son odeur imprégnée en ses vêtements.

Après cette brève introduction, nous avons appris que, cette année, le sujet central de l’atelier hybride tourne autour des forces du monde physique. Ce sujet est subdivisé en plusieurs thèmes spécifiques qui correspondent à un groupe d’étudiants. Je fais partie du groupe qui étudie la question du temps.

Pour démarrer, nous avons effectué des recherches sur la définition du temps et sur les artistes ayant travaillé autour de la question. Voici quelques résultats :

On_Kawara

Bill_Viola

Marcel_Duchamp

Temps

En suite nous nous sommes réunis pour chercher des expériences à réaliser pour mettre en évidence les phénomènes temporels.

Nous nous sommes donc lancés sur une nature morte composée de fruits et de légumes que nous allons prendre en photo lors du processus de leurs pourrissements, un cliché par jour. Grâce à cela nous allons pouvoir observer les effets du temps et déterminer la durée de vie des différents fruits et légumes pour la comparer avec celle des humains.

Jour 1 :
Jour-1

Jour-1-_1_

Jour-1-_2_

Jour 2 :

Jour-2

Jour-2-_1_

Jour-2-_2_

Jour 10 :

Jour-10

Jour-10_1_

Jour-10_2_

De plus nous avons cherché à faire des photographies, grâce à une pose longue, de consumations complètes par le feu. Le feu consume les différents matériaux à de différentes vitesses, la durée de la flamme varie donc en fonction du matériau. De plus, le fait d’utiliser la pose longue retire tout repère de temps, nous ne pouvons pas déterminer combien de temps s’est passé entre le début et la fin de la combustion, nous avons donc une absence de relativité et donc de temps. D’un autre coté, nous pouvons voire la photo comme étant une accumulation de tous les moments infinitésimaux qui se sont écoulés entre le début et la fin du temps d’exposition. Nous avons donc une accumulation d’une infinité de moments sur une même pose.

consumation d'une bougie test

consumation d'une bougie 1

consumation d'une bougie 2

consumation d'une bougie 3

Une autre expérience réalisée fut celle de prendre en photo des fantômes. Pour cela j’ai utilisé la pose longue et un modèle qui posa dans de différents espaces sur le même cliché. Le résultat est une ambiguïté du temps et de l’espace. En effet nous ne pouvons déterminer la position exacte du modèle, ni l’ordre des poses et encore moins le temps de pose.

fantômes1

fantômes2

fantômes3

fantômes4

fantômes5

fantômes6

fantômes7

fantômes8

fantômes9

fantômes10

fantômes11

fantômes12

fantômes13

fantômes14

Nous avons cherché à explorer la réversibilité du temps. Deux expériences ont été faites, d’abord nous avons filmé une personne qui joue une action à l’endroit puis la rejoue à l’envers (en vrai) ; en suite nous avons filmé une personne qui prononce un mot ou une frase à l’endroit puis à l’envers (toujours en vrai).

Escalier :

Marche – à l’endroit, à l’envers :

Marche – point de vue n°1 :

Marche – point de vue n°2 :

A VENIR(?)

– expérience image-son-durée : la parole, mélange de mouvement et de son.
Modification du mouvement et du son simultanée > invertion du temps.
Bonjour-Roujonb :

Enfin, nous avons réalisé une expérience virtuelle. Nous avons construit deux horloges. Dans la première nous pouvons lire l’heure, en revanche nous avons une rupture avec la circularité traditionnelle du temps, nous utilisons des droites à la place de cercles. Nous avons donc un temps linéaire et non pas circulaire. La seconde horloge consiste en un système circulaire où nous ne pouvons pas lire l’heure, la structure rappelle celle d’un labyrinthe, nous abordons donc la perte de l’heure, le non sens du temps et de relativité horaire.

Time

Time2

Une autre expérience que j’aurais voulu faire est de filmer en accéléré un jour au pôle nord, un jour au pôle sud, et un jour en ralenti à de différents parallèles sur le même méridien. Et de mettre côte à côte les écrans… Cela permettrait de mettre en évidence la relativité de définitions telles que la durée d’un jour, d’une heure, d’une année…

Apres toutes ces expériences, nous avons cherché à établir un pré-projet. Nous avions déjà plusieurs idées en tête, principalement avec de la vidéo. Nous avions aussi une idée de faire un sablier avec de la limaille de fer et des aimants qui ferraient remonter cette dernière, inversant ainsi le cours physique du temps. Mais le simple fait de remplacer le sable par du fer fait perdre le sens du sablier, de plus les contraintes techniques étaient trop importantes.

De plus nous ne devions pas nous limiter à des médiums comme la vidéo ou l’animation… Nous avons beaucoup parlé de sable. Les pistes de recherche devraient donc se baser autour du sable ? Pourquoi ne pas utiliser du sable à la place d’un pinceau ? Pourquoi ne pas simplement transformer la salle en sablier géant pour avoir un bain temporel ?

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